Quand c'est trop raide, c'est "Caen C Raid"

Nouvelle participation au Caen C Raid, édition 2013

Presque remis sur pieds, je repars pour une nouvelle série de raids avec le premier de la série en compagnie de David, compagnon de sorties dominicales dans nos vertes vallées.

Cette fois-ci, chacun préparé à sa façon de notre côté, nous nous sommes engagés sur le Raid "Doux" du Caen C Raid, prévu sur 45 km. Départ aux aurores vers 6h30 pour une journée qui s'annonce magnifique, selon la météo. La première depuis de trop longs mois...

Echauffement et prise de température

Notre objectif initial est de terminer dans le premier tiers des concurrents. Arrivées sur place vers 7h, on nous remet le traditionnel sac de lot (déjà gagnant avant de partir !) avec une jolie paire de lunettes chacun ainsi que les éléments du parcours. 54 balises seront à pointer en tout, le long du parcours : certaines dans l'ordre, d'autres non, certaines seront annoncées sur la carte, d'autres non... Petit échauffement tranquille sur le stade Hélitas de Caen avant le briefing décontracté et un départ à 8h du matin.

Le départ : une CO pour s'échauffer.

Une vue aérienne du stade nous indique 9 balises à pointer. On part donc tranquille en choisissant rapidement un sens pour ramasser les balises, mais 120 gus qui tournent autour de 10 balises à poinçonner, c'est fait vite du monde. Et c'est un peu la queue à chaque point de contrôle. Mais on s'est tire correctement, il faut dire qu'il n'y a pas de difficultés majeures. Le pointage de la dernière balise nous laissera une trace pour tout le parcours puisque David laisse un morceau de son pantalon tout neuf accroché à un grillage. Heureusement, il ne laissera rien d'autre, mais finira la course avec un joli écusson de peau au milieu de la cuisse offert à tous les regards... Puis on rend notre carton de pointage pour l'épreuve suivante.

Taxi, suivez ces vélos !

On enfourche alors nos montures, pour un suivi de VTT de 10 km, indiqué sur une carte avec un tracé qu'on met bien une bonne minute à trouver au milieu de la carte multicolore. Mais on se vite en route et on suit le peloton en validant en cours de route qu'on est bien sur le bon tracé. Comme on est assez à l'aise sur nos vélos, on n'hésite pas à appuyer un peu sur les pédales pour être les premiers... à arriver dans des impasses et rebrousser chemin. Le chemin est vraiment roulant et ne pose malheureusement aucune difficulté. Quelques ponts glissants (pour une jolie gamelle) et une lecture attentive de la carte nous emmène tranquillement les uns derrière les autres en direction de l'épreuve suivante. Mais ayant déjà pointé 3 balises (la 1, la 2 et la 3), on trouve curieux de tomber au bout de longues minutes sur la balise 6. Après quelque renseignements pris, il s'avère qu'on en a raté 2. Chaque balise manquante valant 15 minutes de pénalités, on décide donc de rebrousser chemin pour en retrouver au moins une. Et en relisant plus attentivement la carte, on s'aperçoit que nous avons légèrement dévié du tracé, mais que si nous avons raté la balise 5, c'est que tout simplement elle n'était pas placée au bon endroit. Certaines équipes n'ayant pas suivi le bon chemin tomberont par hasard dessus. Tant pis pour nous... On pointe donc cette balise isolée et on retrouve le tracé pour arriver à l'épreuve de tir à l'arc (4km de détour et environ 16 min de retard).

La forêt de Sherwood !

Une première pause hors chrono nous permet de récupérer, de prendre conscience que j'ai oublié mes 2 gourdes dans la voiture et que nous sommes assez performants au tir à l'arc, surtout David qui assurera le score à lui tout seul avec les 3 meilleures flèches sur nos 6 tirs.

Tu me suis ?

Retour sur les VTT pour la suite qui ne pose par de problème, on enchaîne les sentiers plutôt plats, et bien différents de nos belles cotes. La plaine de Caen mérite bien son nom.

Bienvenue chez les amis de Jean Bosco

A la fin de cette partie de VTT, on a déjà 26 km dans les pattes et la suite s'annonce difficile. Une superbe CO avec une jolie carte neuve (IOF) digne des organisateurs (Les Vikings Azimutés) nous attend. Une doigt électronique au doigt, nous partons pour bipper ces balises dans l'ordre. Les balises sont bien cachées, rarement sur les chemins et il faut faire preuve d'une bonne orientation et de cuisse car le dénivelé est important. La totalité de cette course se déroule dans le bois des amis de Jean Bosco, au Sud de Tourville sur Odon. Nous n'hésitons pas à marcher quand les conditions (physiques et géologiques) ne nous permettent pas de courir. La fatigue se fait sentir et le terrain est assez vallonné, mais au final très intéressant. Nous ressortons de cette course en un peu moins d'une heure, avec toutes les balises, mais avec la sensation d'avoir déjà puisé dans nos réserves, vers 11h30. La journée s'annonce déjà longue, des crampes se sont faites sentir dans les côtes. Petit ravitaillement où on prend le temps de se remettre sur pied avant la suite : un roadbook.

C'est quoi tous ces signes ?

roadbook-caencraid2013.jpg Le roadbook consiste à présenter aux coureurs des éléments du terrain qu'ils vont rencontrer et qui va leur imposer le parcours sans leur donner le moyen de se repérer à l'avance. Ainsi si vous croisez un chemin, mais que ce chemin n'est pas un point de repère important, sur votre parcours, il ne sera pas indiqué. Seuls les éléments indispensable seront indiqués, ainsi que la distance à laquelle vous devrez les trouver. Un roadbook bien pensé peu être assez sournois et amener à revenir plusieurs fois en arrière pour repartir d'un point connu. Or les indications données sont tellement précises et évidentes que nous lâchons rapidement le compteur pour ne plus suivre que le roadbook et estimer les distances au jugé. Tout se passer bien et nous nous retrouvons parfois avec d'autres équipes au même rythme. Les descentes ne posent pas de problèmes et deux ou trois montées sont tellement impossibles, qu'on ne peut que les monter à pied en poussant les vélos. Nous pointons tout de même toutes les balises sans en manquer une seule.

Epreuve surprise.

A la fin de ces 10 km de roadbook, nous tombons sur l'épreuve surprise : le swing ! Un golf proche de Caen nous propose ses services et chacun doit s'exercer à envoyer la balle le plus loin possible ("entre 80m et 120m, c'est déjà pas mal nous dit-on"). Nos 3 essais nous laisse plutôt enthousiaste, mais sans être absolument sûr de notre coup. Nous finirons par envoyer nos balles à 70 et 80m, ce qui restera honorable, au vu de la prestation de certains. Entre le coup de bol du débutant de certains et le tir ridicule d'autre,s il y en a pour tous les goûts. Mais c'est encore une fois l'occasion de se détendre et de discuter avec les autres équipes sous un soleil toujours présent, voir même accablant. Nous refaisons donc le plein des camelbak pour assurer la suite.

Un Roadbook azimut

roadbook-fleche-allemand-caencraid2013.jpg La partie suivante s'annonce technique puisqu'il faut tenir compte de l'azimut... On sort donc les boussoles, prêts à se démarquer des autres équipes inexpérimentées. Mais la queue des candidats au golf ainsi que le départ au compte-gouttes qui suite font que tout le monde se suit plus ou moins et l'azimut ne se révèle que peu utile, voir pas très intéressant. L'azimut ne sert en effet qu'à donner la direction de la route à suivre en cas de carrefour.

Où on en bave vraiment !

L'avant dernière épreuve est en simultanée avec une course d'orientation pour un coureur avec 4 balises tandis que l'autre fait le trajet en kayak. En bout de course, les rôles s'échangent et chacun repart dans l'autre sens. Si je suis plutôt candidat pour le kayak que je sens bien pour le retour (petite expérience dans le domaine), la partie CO à l'aller s'avère très douloureuse. Un manque de fond, de jus, de patate m'oblige à alterner marche et course très lente. Les choix de couper à travers broussailles et marais m'épuisent tandis que David double quelques candidats, mais se tape tout de même les 4km de kayak avec une remontée de courant sur l'Odon, plutôt pittoresque. Je parcours les 4,5 km en 40 minutes épuisantes. (6,5 km/h, c'est pas joli). David finit avec des fourmis dans les jambes dans son kayak trop petit, mais on arrive finalement en même temps au bout de la course pour échanger les rôles. Plusieurs minutes de repos s'imposent avant de repartir. Je me délecte pourtant du retour en kayak où je peux laisser reposer mes jambes et tirer sur les bras, sans souffrir. Quelques pauses pour reprendre du souffle permettront tout de même de finir le retour en 51 minutes, David m'ayant attendu une dizaine de minutes.

Quand y'en n'a plus...

On remonte sur nos VTT pour finir le parcours avec un Roadbook fléché allemand. Un truc de tordu qui vous fait croire sur la carte que vous aller toujours tout droit avec que votre route peut tourner plusieurs fois. Mais on reste concentrés et on appuie gentiment sur les pédales pour cette dernière partie. On remonte quelques équipes, histoire de montrer qu'on en a sous le pied et on poinçonne la dernière balise avant de s'apercevoir qu'il nous en manque une. Demi-tout illico avec une tactique simple. La recherche de la balise manquante ne doit pas excéder 15 minutes, auquel cas, cela devient plus qu'inutile. Il nous faudra 12 minutes pour trouver cette balise cachée derrière une barrière à cause du vent et revenir à notre point de départ. On termine donc à fond de train, sans pouvoir remonter sur aucune équipe, mais avec la satisfaction de ne pas en avoir gardé sous le pied. Le retour est triomphal sous les acclamations des nombreuses équipes qui ont terminé depuis belle-lurette et nous attendent en se faisant dorer la pilule au soleil. Certains équipes auront bouclé ce parcours en un peu plus de 4h (hors temps de pause) tandis que nous avons mis 6h39 (donc 15 min de pénalité pour la première balise manquante, qu'on n'a effectivement raté pour n'avoir pas pris quitter le chemin principal dans le bon sentier sur le parcours).

Le classement final

Mais au final, on reste content de notre périple. Notre équipe a bien fonctionné et notre place de 36e au scratch sur 59 équipes reste honorable. Nos quelques erreurs et un peu plus d'entrainement de fond nous aurait sans doute permis d'approcher le premier tiers, mais sans certitude. La gestion d'effort sur le long terme montre que toutes les accélérations en début de course se paient vite au prix fort lors des épreuves suivantes sur le long terme (crampes...). Il n'y a donc aucun intérêt à pousser durant les 3 première heures. A retenir. Nous avons parcouru près de 62 km au lieu des 45 annoncés, mais avons tenu une moyenne correcte sur chaque épreuve.

La pire boulette

Le plus mauvais souvenir de cette journée restera sans doute la perte du vélo de David sur l'autoroute lors du retour, lorsque les 2 attaches du porte vélo ont lâché le faisant atterrir sur la bande d'arrêt d'urgence. Pas d'accident généré malgré le fort trafic, mais une belle peur quand même et des dégâts matériels regrettables ; cintre tordu, freins et selle abîmés, dérailleur tordu...

En tout cas, une bien belle manifestation à recommander pour toutes celles et ceux qui souhaitent découvrir ce type d'épreuve.

Toutes les infos, résultats et photos sur le site de Vikazim

Notre parcours complet

Commentaires

1. Le lundi 22 avril 2013, 00:02 par David

Très belle description de cette course qui m'a bien motivé pour continuer dans cette discipline!
Il faut apprendre à "lever la tête du guidon" dans les moments + "faciles" pour ne pas louper les points clés! (erreur de débutants...).
Reste plus qu'à travailler le fond... en attendant la réparation du VTT!!!!
David

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