LE Raid 2013

5 mai 2013, c'était LE raid à ne pas manquer. Ceci pour plusieurs raisons :

  • Il était organisé par les Petits Suisses Normands qui sont des personnes compétentes et expérimentées dans ce domaine.
  • Il avait lieu à la fin des vacances : la garantie d'être reposé et presque préparé.
  • Il se déroule dans le cadre idéal de la Suisse Normande, un des sites particuliers de la région.

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Préparatifs

Cette fois, c'est dans une équipe mixte que je participerai à l'aventure. Mes chers co-équipiers habituels sont plutôt moins dispo et Isabelle m'a fait l'honneur d'accepter ce challenge. Un raid de 55 km avec 1500m de dénivelé positif. Ne calculs estimatifs nous font penser qu'il y a une erreur et qu'il faut plutôt miser sur la moitié au vu de ce qu'on fait dans notre secteur, à chaque sortie. Isabelle est prête, possède pas mal de fond de part une pratique sportive régulière, court au moins 2 fois par semaine mais n'a juste pas eu le temps de rouler depuis un an. D'ailleurs pour donner un avantage aux concurrents, elle a décidé de jouer un match de hand intensif la veille. Très fair-play de sa part ! Pour ma part, je ne suis pas encore bien remis de mon "syndrome rotulien" et je joue plutôt sur une sortie cool-bonne-ambiance-et-stratégie. Après analyse du parcours, les épreuves ne sont pas trop longues et s'enchaînent avec beaucoup d'alternance, avec un milieu du parcours un 9km en canoë pou reposer les jambes. C'est du tout bon, ça.

Départ

P1070113.JPGAprès un bref briefing, on s'apprête à partir pour un premier trail en course à pied, pour se chauffer. Tiens on est la seuls à avoir notre casque de VTT sur la tête. Ni une, ni deux, un petit sprint pour les déposer près des VTT, et continuer de s'échauffer et on se met en queue de peloton !

Chauffe, Marcel ! (lm : 0 à 1,5)

Top départ, on se met dans le troupeau et on se laisse guider gentiment en souriant derrière ceux qui sont partis bien couverts en Kway, alors qu'il fait plus de 15°C. On a nos tenues ad-hoc et on est plutôt bien équipés au vu de notre petite expérience de raid. Après cet échauffement, retour à la case départ avec une petite CO plutôt urbaine.

On monte ou on descend ? (km : 1,5 à 8,5)

P1070158.JPGDeux itinéraires possibles pour partir, soit à la queue-leu-leu pour grimper sur un pont et enchaîner avec plusieurs balises haut placées, soit descendre la route qui rejoint Clécy pour y attraper quelques balises et revenir par les balises haut perchées. Vu qu'on est plutôt dans la queue, on opte pour la descente roulante en ville. Les balises sont plutôt faciles à trouver, mais il faut bien se repérer, certaines étant un peu cachées (mais bien indiquées sur la carte pour celui qui est attentif). Petite leçon en passant, celui qui va chercher la balise garde la carte. On sort de la ville avec l'impression d'avoir choisi un chemin optimal (au final, ce ne sera pas tout à fait vrai), et on revient sur ces balises en hauteur qui nous feront marcher pour nous économiser. On vérifie qu'on les a bien toutes et on retourne au parc VTT. Le temps est clair et sec et la journée s'annonce superbe. Pour l'instant, on est bien, on a chaud et on a du jus (mais ça ne durera pas).

Tu vas la monter la côte à pieds ? (km : 9,5 à 17)

Passage incontournable pour tout cycliste qui passe dans le coin : la côte du physicien :

  • Distance : 1,2 km
  • Dénivelé : 200m

P5050148.JPGPour les pros, il y a sûrement pire, mais pour des raideurs, c'est plutôt dur et 90% des hommes sont à pied. Ceux qui la montent finissent dans un sale état. Pour notre équipe, c'est le premier coup dur. Isabelle monte quelques dizaines de mètres et accuse le coup de pompe, les cuisses en feu. Bref, plus de jus ! Il faut donc monter tranquille, faire des pauses, boire de la potion magique et au final, arriver en haut tant bien que mal, mais allègrement doublés par bon nombre d'équipes. Mais le moral est là, on a pour objectif de finir, sans se "cramer", tout en faisant une belle course, sans erreur, sans se blesser. On grignote sur place, on se requinque et on enchaîne avec le suivi d'itinéraire en VTT. On pointe les 3 balises en chemin, en roulant tranquille, et on arrive au premier point de dépose de VTT, avec un trail Orientation de 8,5 km pour 2 balises.

Chacun sa route, chacun son chemin ! (km : 17 à 26)

On dépose donc nos montures à côté de nombreuses autres déjà arrivées, donc tout au bout du champ. Petit coup au moral, pour Isa, mais je me dis que la journée n'est pas finie et qu'il y en a encore bien d'autres derrière. Le trail commence et le chemin vite choisi s'annonce technique (cailloux, boue, côtes, descentes...), de quoi bien casser le rythme et entamer des coureurs. Même si le canoë nous attend juste après, on roule à l'économie et on joue l'alternance course et marche. 0 la première balise, on tente le couper/coller pour s'éviter 1,5 km mais en attaquant une montée abrupte en pleine forêt avec un fort pourcentage (km 22). Le "4 pattes accroché aux racines avec prise aux dents" s'impose naturellement. On en trouvera même qui adopteront la technique du "4 fers en l'air dans les ronces" (réservé aux experts). On retrouve donc la route, mais tout de même un peu physiquement entamé. Plus question de vraiment courir avant de retrouver la balise placée tout en haut (km 23,5). On discute, on re-grignote et on se lance dans la descente jusqu'en bas avec des jambes fraîches et qui répondent bien (Bon, ok, ça descend et c'est plus facile, c'est vrai). Mais ça nous redonne un peu le moral, surtout qu'on continue de croiser ou de doubler d'autres équipes.

Rame, rame, rameur, ramez... (km : 26 à 35)

Petit point ravito (c'est un peu notre point fort, les ravitos, mais ça ne rapporte pas de points, dommage). Et on s'équipe pour le canoë. On donne notre nom d'équipe et on file pour 9km, avec un barrage au milieu où il faut débarquer ! On en profitera pour échanger nos places. Isa prend les commandes à l'arrière et vogue la galère. A peine partis et le premier passage délicat arrive, il faut passer entre les bouées blanches, mais le temps de réaliser notre trajectoire et hop, on racle le fond de notre péniche et on mouille les pieds. Mais ça passe.

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Le deuxième passage (km 27) pose plus de problème puisqu'on arrive trop vite entre les bouées, on se retrouve en équilibre, posés sur le fond du canoë. Deux ou trois coups de pagaies et hop, le canoë se dégage, mais Isabelle prend un bain. De jolies photos souvenirs en témoignent ! Un grand moment...

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Mais on reprend nos esprits et on envoie de bons coups de pagaies tout en discutant. On gagne quelques équipes, mais on ne court pas après, juste envie de bien naviguer. On débarque pour repartir jusqu'à l'arrivée. Une fois débarqués, il faut porter le canoë sur 100 m en montant, ça fait partie de l'épreuve. DSC_0168.JPG Seul hic, il faut pointer une balise en arrivant, alors qu'on n'a rien pointé au départ. Cet oubli nous coûtera cher :

  • pas de classement pour notre équipe sur cette épreuve spéciale
  • une pénalité de 2 heures, comme si on avait échappé au canoë.

Le nez sur la carte (km 36 à 45)

On récupère nos VTT et on repart (après une pause ravito : les figues, c'est bon !) pour un roadbook de 9,5 km. Il faut suivre les instructions à la lettre et rester sur le tracé. Une des devises du raideur : Le Roadbook, si t'en sors, t'es mort !. Mais pas de difficultés pour notre équipe aguerrie. On tourne beaucoup les jambes, mais on croise et on double d'autres équipes de temps en temps. A retenir et à se répéter en cas de baisse de moral : Ne pas regarder ce qu'il y a devant, mais plutôt tout ce qu'il y a derrière... Il faut donc rouler et pointer 2 malheureuses balises quelque part sur le chemin. On roule, on marche quand ça monte trop, mais on tient un rythme moyen sans s'écrouler. Isa souffre mais sert les dents et tient bon. Quelques belles montées et surtout de belles descentes très appréciées. On finit un peu à la ramasse en comptant les courbes et en anticipant le nombre de côtes restantes. Mais on finit par arriver à la dernière CO.

Dans le trou (km 45 à 48)

C'est plutôt une micro-CO de 2 km dans un petit bois avec une échelle spéciale : 1cm = 30m. Il faut donc pointer les 12 balises dans une carte "trouée". Pour s'amuser, les organisateurs ont tout simplement ajourer la carte pour ne laisser que les parties intéressantes. Après une bonne pause de 10 minutes (Grosbouf a encore faim !), on commence la CO, juste 10 minutes avant la barrière horaire. Mais la CO, les cartes on aime bien. On fonctionne donc en duo et on va plutôt vite pour boucler cette belle CO. Notre tracé n'est pas optimal, mais on s'en sort très correctement, trouvant le jus pour courir une grosse partie du parcours. Retour aux VTT à 15h15, bien chauffés, les cuisses en feu.

Dernière ligne droite (km 48 à 56)

On nous annonce qu'il faut rentrer et qu'il y a mais avec 10km de VTT sur carte IGN et une balise optionnelle qui ne sera pas jouable pour nous (30 min de pénalités). Mais là où on est content, c'est qu'on croise encore des équipes qui arrivent tout juste à la CO. Il faut donc mettre la patate pour rentrer, mais Isabelle n'a plus de jambes... Elle tire la langue sur son vélo à chaque côte. Une jolie coupe sur un itinéraire bis nous fait gagner un peu de km, mais il faut allonger et chaque côte nous fait perdre espoir d'arriver avant 16h. Et chaque minute après 16h coûte 10 min de pénalités. Faut donc pas déconner ! On laisse donc la balise optionnelle (placée tout en haut d'un plateau avec beaucoup dénivelé : 100m de D+ sur 300m). A 5km de l'arrivée, il nous reste à peine 15 min, mais avec une belle côte, ça semble bien compromis ! Isa rassemble ses dernière forces, je pousse dans le dernier raidillon et on appuie fort pour tout donner dans la dernière ligne droite descendante de 2km pour pointer notre arrivée à 15h57:08, un sourire béat aux lèvres : on est des super-héros !

Voilà donc une belle journée de plus de 7h d'efforts qui nous a fait un bien fou, qui nous a donné une patate pour la rentrée et le sentiment de ne pas être des rigolos quand même.

Bonus

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Deux épreuves supplémentaires pour terminer en beauté ce raid : tir à l'arc à 10m. Avec mon entrainement "domestique", je mets les 3 flèches dans le mille (gain de 9 min). On ne fera pas la descente en rappel car l'attente est trop longue et cette épreuve reste optionnelle.

Classement

Officiellement, sans nos 2h de pénalités (à cause du pointage oublié au départ du canoë) on finit 10e sur 21 des équipes mixtes, mais cette erreur est plus liée à une défaillance de l'organisation, avec un temps de 7h42:59 (dont 30 minutes pour la balise optionnelle laissée faut de temps, mais avec 9 minutes de gain pour le tir à l'arc), soit un temps réel d'effort de 7h21. Au classement scratch, on finit à l'honorable place de 85e sur 147 en corrigeant l'erreur du canoë.

Mes pronostics initiaux étaient de nous retrouver dans les 2 premiers tiers. L'objectif est donc largement atteint !

Bilan

Si notre équipe mieux préparée se retrouve à nouveau sur les pistes de raid, ça risque de donner de belles performances au vu de notre score final. J'ai hâte ! Pour ce raid, un vrai bon raid pour découvrir cette discipline : une organisation en béton, des épreuves bien dosées, des surprises sympathiques pour les habitués, de l'effort pour permettre à des sportifs non-pros de découvrir cette discipline qui m'amuse de plus en plus !

Toutes les infos, photos et résultats sur le site : Suisse Normande LE Raid

Notre parcours complet

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